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AMP : attention au risque de dérive du sex ratio lié à l’augmentation des transferts mono-embryonnaires et des cultures prolongées

Le sex ratio des enfants issus des techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) est déséquilibré par rapport à la population générale, et différemment selon les techniques, montre une étude britannique publiée dans Fertility and Sterility.

Actuellement, l’impact de ce déséquilibre n’est pas inquiétant en raison de la faible proportion que représentent les naissances issues d’AMP parmi l’ensemble des naissances. Mais "l’impact de la dérive du sex ratio devrait être pris en compte dans le futur si la proportion de naissances issues de l’AMP continue d’augmenter, et en particulier avec la tendance à utiliser davantage le transfert mono-embryonnaire et le transfert au stade blastocyste", avertissent les auteurs.

L’AMP est généralement associée à un déséquilibre du sex ratio, avec plus de garçons nés vivants que de filles. Mais les techniques d’AMP sont différentes et pourraient affecter différemment ce ratio.

Un tel déséquilibre dans la population générale peut avoir des conséquences en termes de santé publique une fois ces enfants arrivés en âge de procréer, soulignent Walid Maalouf de l’université de Nottingham et ses collègues. Ils citent l’augmentation des comportements sociaux inadaptés, de la transmission des infections sexuellement transmises (IST) et des problèmes de santé mentale.

Ils ont analysé les sex ratios associés aux différentes techniques d’AMP à partir des données du registre anonymisé de la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA) au Royaume-Uni.

La proportion de garçons était plus élevé après fécondation in vitro (0,521) et moins élevée après injection intracytoplasmique de spermatozoïde (Icsi) (0,493). Le sex ratio lié à l’Icsi était significativement différent des autres méthodes. En revanche le sex ratio lié à l’insémination artificielle n’était pas significativement différent de celui associé à la FIV.

Par rapport à la proportion de garçons de la population générale d’Angleterre et du Pays-de-Galles (0,513), celles associées à la FIV et à l’Icsi étaient significativement différents. Le sex ratio de l’ensemble des techniques d’AMP était en outre significativement plus faible que celui de la population générale.

Pour l’Icsi comme pour la FIV, le fait de transférer des embryons à un stade de développement plus tardif (J4 à J7) était associé à un sex ratio jusqu’à 6% plus élevé qu’avec le transfert à un stade précoce (J1 à J3).

Le transfert mono-embryonnaire associé à la culture embryonnaire prolongée était aussi associé à un sex ratio significativement plus élevé, notent les auteurs. Ils rappellent que de plus en plus d’éléments suggèrent que les embryons femelles et mâles répondent différemment aux conditions de culture in vitro, du fait du second chromosome X, qui retient l’activité embryonnaire au stade morula, précédant le stade blastocyste.

Fertility and Sterility

Dernière mise à jour le lundi 2 octobre 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter