Laboratoire
de Biologie Médicale

 

Fermer

AMP : l’auto-surveillance échographique de la stimulation ovarienne est faisable et plus économique

L’auto-surveillance échographique endovaginale de la stimulation ovarienne s’avère faisable et non-inférieure à la surveillance échographique classique réalisée par un professionnel de santé et plus économique, selon une étude belge présentée la semaine dernière au congrès de l’European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE) à Munich.

Le monitorage de la stimulation ovarienne contrôlée est nécessaire afin d’adapter les doses de gonadotrophines et détecter les hyperstimulations délétères éventuelles. Ce monitorage repose sur des prises de sang et des examens échographiques multiples, nécessitant le déplacement des patientes au cabinet ou au centre de FIV. Cela induit des frais de déplacement, de consultation, mais aussi une perte de productivité, en plus du stress pour les patientes, soulignent Jan Gerris de l’hôpital universitaire de Gand et ses collègues, dans le résumé de leur communication orale. L’accès au traitement est de ce fait plus difficile pour les patientes vivant loin des centres de FIV. Ils ont réalisé un essai randomisé contrôlé de non-infériorité, comparant l’auto-surveillance échographique endovaginale à la surveillance classique. Les patientes du groupe auto-surveillance avaient à disposition un petit ordinateur et une sonde vaginale connectée à un port USB. Une application internet spécifique a été développée et les patientes ont été formées à la réalisation de l’échographie endovaginale au centre de FIV. Sur 185 patientes éligibles, les deux tiers (123) ont accepté le principe et ont été randomisées entre l’auto-surveillance et la surveillance classique. Aucune complication clinique n’a eu lieu, indiquent les auteurs. La non-infériorité de l’auto-surveillance a été établie, avec des taux comparables d’ovocytes recueillis (9,4 et 8,9), de conception (44% et 52%) et de grossesse évolutive (25% dans les deux cas), selon la présentation powerpoint faite au congrès, transmise à l’APM. Les nombres d’embryons obtenus et d’embryons cryoconservés étaient similaires. Les taux de satisfaction des patientes n’étaient pas significativement différents entre les deux groupes. L’auto-surveillance a été associée à une économie totale de 439 euros par tentative, soit près de la moitié du coût relevé en suivant la procédure habituelle (455 euros contre 894 euros). En particulier, les coûts associés aux échographies étaient moins élevés, aussi bien ceux pris en charge par la sécurité sociale belge (32 euros contre 143 euros) que le reste à charge pour la patiente (8 euros contre 35 euros). Les coûts de transport étaient significativement réduits (51 euros contre 190 euros) ainsi que ceux de l’employeur liés à la perte de productivité (96 euros contre 410 euros). "Le concept d’auto-surveillance endovaginale fonctionne. Les sonogrammes peuvent être effectués et envoyés, reçus et analysés quels que soient le lieu et le moment, tant qu’un wifi est disponible", concluent les auteurs.

Dernière mise à jour le lundi 2 octobre 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter