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AMP : les inséminations artificielles diminuent, les transferts d’embryons congelés augmentent (rapport ABM)

Les inséminations artificielles diminuent depuis 2010, tandis que les transferts d’embryons congelés augmentent, reflet probable d’une évolution des pratiques vers davantage de transferts mono-embryonnaires et de recours à la vitrification, selon le dernier rapport d’activité annuel pour l’assistance médicale à la procréation (AMP) de l’Agence de la biomédecine, publié jeudi.

Le rapport d’activité 2014 porte sur les activités réalisées en 2013. Pour cette année, sur 104 centres clinico-biologiques et 97 laboratoires qui ont eu une activité, 200 rapports annuels d’activités ont pu être exploités dans les délais impartis. Ont été recensées au total 140.519 tentatives d’AMP (inséminations, fécondations in vitro -FIV- et transferts d’embryons congelés -TEC- réunis).

"Si le volume des activités de FIV et d’Icsi (injection intracytoplasmique de spermatozoïde) évolue peu depuis 2010, on note en revanche que le nombre des TEC augmente, ce qui peut correspondre à une évolution des pratiques, notamment l’augmentation de la fréquence des transferts d’un seul embryon en FIV, en Icsi ou lors des TEC ou encore le recours à la vitrification embryonnaire. D’autre part le nombre d’inséminations intra-utérines diminue sensiblement depuis 2010", indiquent les auteurs.

Le nombre total d’inséminations artificielles est passé progressivement de 60.224 en 2010 à 56.393 en 2013, et le nombre de TEC de 19.616 à 22.829. Les activités de FIV et d’Icsi ont légèrement diminué par rapport à 2012, à 21.291 et 40.006 respectivement.

Le nombre d’embryons transférés continue de diminuer progressivement, avec 37% de transferts mono-embryonnaires en 2013 contre 28% en 2010, et 6,8% de transferts de trois embryons et plus contre 10,4% en 2010. Mais il persiste 16% d’accouchements multiples issus de FIV (17,6% en 2010). "Il doit être possible d’affiner la politique de transfert embryonnaire appliquée dans les centres", estiment les auteurs. Pour les inséminations artificielles, ce taux ne diminue pas, et persiste à 11%.

Ils notent une amélioration du taux d’implantation embryonnaire après TEC, passant de 10,9% en 2010 à 13,9% en 2013.

L’AMP en contexte viral a concerné 630 tentatives pour les couples VIH+, ayant donné naissance à 80 enfants. Cette activité diminue progressivement (1.012 tentatives en 2010) et "est plus souvent proposée pour répondre à un problème d’infertilité associé qu’à proprement parler pour éviter le risque de transmission virale", soulignent les auteurs, faisant référence au rapport Morlat en cours de révision.

Ils notent par ailleurs qu’il existe un bon équilibre entre l’offre et la demande, mais une mauvaise répartition de l’activité sur le territoire, avec 16 centres répartis dans 11 régions.

En contexte VHC ou VHB, 1.131 tentatives ont eu lieu, donnant naissance à 136 enfants.

Les auteurs soulignent qu’un tiers des centres clinico-biologiques et 17% des laboratoires d’AMP ont envoyé leur rapport après la date limite du 31 décembre 2014, ce qui entraîne des difficultés pour assurer une bonne qualité des données au moment du gel de base, "tous les contrôles ne pouvant être effectués et tous les centres ne pouvant être relancés dans les délais impartis".

Ils insistent à ce propos sur le fait que depuis 2014, une partie de l’enveloppe financière MIG (mission d’intérêt général) portant sur les surcoûts de l’AMP est attribuée à chaque centre clinico-biologique d’AMP en fonction de son activité. "Dédiée notamment à la récupération des données sur le déroulement de la grossesse, la naissance et l’état de santé de l’enfant, cette enveloppe sera renouvelée en fonction de l’exhaustivité et de la qualité des données transmises à l’agence".

L’ABM rappelle que le registre national des FIV permettra de mettre en oeuvre en 2015 une nouvelle approche méthodologique "pour réaliser une analyse plus fine de l’activité et des résultats des centres", en décrivant chaque tentative individuellement. "La montée en charge de la saisie des données par les centres étant achevée, il pourra être utilisé pour la première fois à l’échelon national", souligne-t-elle dans son rapport annuel.

RISQUE DE MALFORMATION CONFORME A LA LITTERATURE INTERNATIONALE En 2013, 23.651 enfants sont nés grâce à une AMP, soit 2,9% des naissances de la population générale, ou un enfant sur 34. 16% d’entre eux sont issus d’une congélation embryonnaire et 5,5% ont été conçus grâce à un don. Par ailleurs, 126 enfants sont issus de gamètes ou tissus germinaux conservés en vue de préserver la fertilité.

L’ABM a mis en place un programme de travail d’études épidémiologiques dont l’objectif est d’évaluer et de surveiller les indicateurs de santé des enfants à la naissance et en particulier la fréquence de la prématurité, de l’hypotrophie et des anomalies congénitales.

Une première étude permettant d’estimer le risque de malformations congénitales des enfants issus de FIV au niveau national grâce à l’utilisation des données d’hospitalisation du PMSI (programme médicalisé des systèmes d’information) a été réalisée, rapporte le Dr Fabienne Pessionne (médecin épidémiologiste, direction de la procréation, l’embryologie et la génétique humaines à l’ABM) dans le rapport annuel de l’agence.

Elle porte sur les diagnostics de malformations enregistrés par les pédiatres à la naissance des enfants et au cours de la première année de vie en 2012 et 2013.

"Dans cette première étude, le risque de malformations des enfants issus de FIV a été comparé à celui des enfants issus de grossesses spontanées, en prenant en compte les risques liés à l’âge des femmes et aux accouchements multiples. L’augmentation du risque observée est comparable à celle qui est attendue et publiée dans la littérature internationale (de 2,8% chez les enfants issus de grossesses spontanées à 3,5% chez les enfants issus de FIV)", indique le Dr Pessionne.

Ces résultats seront présentés au cours de l’automne, fait-elle savoir. L’étude sera reconduite régulièrement afin de surveiller l’évolution de ces indicateurs. "Il est également prévu de la renouveler pour estimer le risque de malformations congénitales des enfants issus d’insémination artificielle et de réaliser les études épidémiologiques concernant les risques de prématurité et d’hypotrophie à la naissance".

Rapport d’activité annuel d’AMP 2013

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