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AMP : même en cas de facteur stérilité masculine seul, le risque de prématurité est augmenté

Le risque de prématurité est augmenté lors des grossesses conçues avec les techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) même en cas de stérilité masculine isolée, montre une étude américaine publiée dans Fertility and Sterility.

Le risque de prématurité associé à l’AMP est connu mais la plupart des études sur le sujet ont consisté à comparer les grossesses issues d’AMP aux grossesses spontanées, ce qui ne permet pas de déterminer le rôle respectif des traitements et de la stérilité elle-même. A fortiori, elles ne permettent pas d’établir si ce risque est confiné aux cas de stérilité féminine.

Afin d’examiner cela, Galit Levi Dunietz de la Michigan State University à East Lansing et ses collègues ont réalisé une étude de cohorte rétrospective à partir d’une large base de données, celle du projet collaboratif SMART portant sur la surveillance de l’AMP dans le Massachusetts, la Floride et le Michigan. Ils se sont concentrés sur les grossesses simples, chez les primipares, soit 21.328 naissances issues d’AMP et plus de 1,8 million de naissances sans recours à l’AMP, entre 2000 et 2010. Les naissances issues d’AMP ont été réparties dans quatre catégories selon l’origine de l’infertilité : infertilité masculine isolée, infertilité féminine isolée, infertilité masculine et féminine combinée, et infertilité inexpliquée.

Dans les quatre catégories d’infertilité, le risque de prématurité était significativement plus élevé que sans AMP. Il était respectivement augmenté de 24%, 60%, 49% et 26%.

Au sein du groupe AMP, le risque de prématurité était significativement plus élevé pour les cas d’infertilité féminine isolée que pour toutes les autres catégories d’infertilité.

Le risque le plus élevé de prématurité associé à la stérilité féminine se situait entre 28 et 30 semaines d’âge gestationnel, de même pour le risque associé à la stérilité masculine isolée. Pour les stérilités inexpliquées, il se situait entre 31 et 33 semaines.

"Ces résultats suggèrent que même en l’absence d’infertilité féminine, le recours à l’AMP augmente le risque de naissance prématurée", mais aussi que "des facteurs liés à l’infertilité féminine peuvent augmenter encore davantage le risque de naissance prématurée parmi les primipares ayant recours à l’AMP", concluent les auteurs.

Ils soulignent que leur étude est la première à rapporter une variabilité dans le risque de prématurité au long du continuum de l’âge gestationnel et au sein des sous-groupes spécifiques d’AMP impliquant un diagnostic d’infertilité féminine ou combinée.

Fertility and Sterility, publication en ligne du 21 février

Dernière mise à jour le mardi 18 juillet 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter