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AMP : risque augmenté de placenta accreta avec le transfert d’embryons congelés

Le risque de placenta accreta, une anomalie d’implantation du placenta qui se trouve incrusté dans le myomètre, est augmenté lors des cycles d’aide médicale à la procréation (AMP) utilisant des embryons congelés, par rapport au transfert d’embryons frais, selon une étude américaine publiée dans Fertility and Sterility.

Ce sur-risque a été suggéré dans une précédente étude, qui ne prenait cependant pas en compte les facteurs de risque connus de placenta accreta, rappellent Daniel Kaser de la Harvard Medical School à Boston et ses collègues.

Ils ont mené une étude cas-contrôles incluant 1.571 patientes ayant eu recours à une fécondation in vitro (FIV) ou injection intracytoplasmique de spermatozoïde (Icsi) avec transfert d’embryons frais ou congelés, et ayant donné naissance à un bébé en vie à au moins 24 semaines de grossesse. Cinquante cas de placenta accreta ont été appariés en fonction de l’âge et des antécédents de césarienne, chacun à trois contrôles sans placenta accreta.

Une association significative entre transfert d’embryons congelés et placenta accreta a été mise en évidence, le risque étant multiplié par 3,20 après prise en compte, outre l’âge, les antécédents de césarienne et la présence d’un placenta previa, du nombre de grossesses antérieures, de la race et des facteurs d’infertilité utérins. Il était multiplié par 3,87 pour les cas de placenta accreta avec des complications morbides.

Les chercheurs ont déterminé que la voie d’administration des estrogènes au cours du traitement était un facteur de risque modifiable de placenta accreta, les formes orales étant plus souvent associées à cette anomalie que les formes transdermiques ou vaginales.

Leurs analyses montrent également une faible épaisseur endométriale et un faible taux d’estradiol dans les cycles avec transfert d’embryons congelés. Les auteurs proposent des valeurs seuils de ces deux variables (9,7 mm et 732 pg/mL, respectivement), en deçà desquelles le risque de placenta accreta est significativement plus élevé.

Avec les autres données de la littérature médicale disponibles, montrant l’impact délétère de valeurs d’estradiol au contraire particulièrement élevées, associées à un risque accru de pré-éclampsie et de retard de croissance intra-utérin (RCIU), ils proposent également une "fenêtre de sécurité" pour le taux d’estradiol sérique, entre 700 pg/mL et 3.450 pg/mL, qui nécessite une validation externe.

[Fertility and Sterility]

Dernière mise à jour le lundi 2 octobre 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter