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Cancer du col de l’utérus : l’envoi d’un kit de dépistage par autoprélèvement est coût-efficace pour augmenter la couverture

L’envoi d’un kit d’autoprélèvement vaginal au domicile de femmes qui n’ont pas fait de dépistage du cancer du col de l’utérus apporte un gain de couverture et est coût-efficace, montre une étude du CHU de Tours publiée jeudi dans le British Journal of Cancer.

D’autres études ont déjà prouvé qu’une telle démarche augmentait le taux de participation mais cette étude, financée par l’Institut national du cancer (Inca) et la Ligue contre le cancer, est la première à fournir des données sur le rapport coût-efficacité d’un kit d’autoprélèvement vaginal sec destiné à réaliser un test HPV par PCR, indiquent Ken Haguenoer et ses collègues. Leur étude médico-économique montre en effet que le coût plus élevé de la stratégie incluant l’autoprélèvement est compensé par l’augmentation du taux de participation au programme de dépistage.

Le coût par femme dépistée supplémentaire était de respectivement 63,2 euros pour l’envoi d’un kit et 77,8 euros pour une simple lettre de rappel invitant à prendre rendez-vous chez un médecin. La stratégie du kit d’autoprélèvement est donc plus coût-efficace.

En mars 2012, ils ont randomisé 6.000 femmes n’ayant pas répondu à une lettre d’invitation à prendre rendez-vous pour réaliser un frottis dans trois groupes de 2.000 femmes. Le premier groupe a reçu un courrier contenant un kit d’autoprélèvement à son domicile, le second a reçu une lettre de rappel et le dernier n’a rien reçu.

Le kit d’autoprélèvement contenait un courrier invitant la femme à réaliser ce prélèvement, un écouvillon, une notice explicative illustrée, un sachet plastique refermable, une fiche d’identification et une enveloppe retour pré-affranchie.

Neuf mois plus tard, la participation au dépistage était significativement plus élevée pour le groupe "autoprélèvement" (22,5%, dont 6,9% de femmes qui ont finalement réalisé un frottis et 15,7% qui ont renvoyé le kit) que pour les groupes "lettre de rappel" et "aucune intervention" (respectivement 11,7% et 9,9%).

La différence entre les deux derniers groupes n’était pas statistiquement significative, ce qui prouve qu’une simple lettre de rappel n’a pas d’effet sur la participation, observe l’équipe du CHU.

Parmi les femmes qui ont été positives au test HPV réalisé à partir de l’autoprélèvement, 91% sont ensuite allées chez un médecin pour faire un frottis, comme c’était recommandé.

En extrapolant les données de cette étude à l’ensemble de la région de Tours, l’équipe estime qu’une stratégie s’appuyant sur ce type de kit pourrait faire passer la couverture du dépistage de 62,7 à 67,3%.

Les auteurs rappellent que d’autres études ont montré que ni le dispositif d’autoprélèvement, ni la méthode de transport (sec ou liquide), n’affectent significativement la sensibilité et la spécificité du test d’autoprélèvement ou son efficacité à augmenter la participation. En outre, des méta-analyses ont montré une précision similaire du test HPV fait sur un autoprélèvement vaginal ou sur un prélèvement du col de l’utérus réalisé par un médecin.

Considérant que les critères logistiques et financiers devraient être les principaux dans la mise en place d’un plan de dépistage, ils jugent que les dispositifs secs d’autoprélèvement pourraient répondre à ces critères. Si les campagnes organisées de dépistage ont déjà fait leurs preuves, ils préconisent donc de compléter la lettre de rappel par un kit d’autoprélèvement. Le Plan cancer 2014-2019 pourrait être l’occasion de généraliser ce protocole.

[British Journal of Cancer]

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter