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Cancer du col : une proportion importante de femmes vaccinées contre HPV pas bien protégées contre des lésions de haut grade

Une proportion importante de femmes vaccinées contre le papillomavirus humain (HPV) ne sont pas protégées contre des lésions intra-épithéliales de haut grade, montre une étude publiée en ligne par le Journal of Clinical Oncology (JCO).

Cette étude menée au Canada plaide pour une vaccination précoce des jeunes filles avant toute exposition à HPV et pour un maintien du dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis.

L’efficacité des vaccins anti-HPV contre les lésions cervicales a été montrée dans des essais randomisés. Une baisse des lésions a été observée en Australie après l’introduction de la vaccination anti-HPV. Mais aucune étude observationnelle s’appuyant sur des données individuelles n’a été publiée, indiquent le Dr Salaheddin Mahmud de l’université de Manitoba à Winnipeg (Canada) et ses collègues.

L’étude rapportée, qui est une des premières observationnelles menées à un niveau individuel, a estimé l’efficacité du vaccin quadrivalent Gardasil* (Sanofi Pasteur-MSD) en population à Manitoba où le vaccin a été introduit précocement, en 2006 à titre individuel (avant les programmes publics), et où l’on dispose de registres sur la vaccination et sur le dépistage du cancer du col.

Les chercheurs ont analysé les données concernant 3.541 femmes de 15 ans et plus vaccinées entre septembre 2006 et avril 2010, appariées en âge à 9.594 femmes non vaccinées. Les lésions indéterminées (ASCUS), les lésions malpighiennes intra-épithéliales de bas grade (LSIL) et de haut grade (HSIL) ont été recensées.

La plupart des femmes avaient été vaccinées entre 15 et 19 ans et seules 3% avaient 30 ans et plus au moment de la vaccination.

Le suivi médian était de 3,1 ans. Le taux de LSIL (3,7%) et de HSIL (2,6%) était légèrement plus élevé chez les non-vaccinées par rapport aux femmes vaccinées (3,3% et 2,3%) et le taux d’ASCUS était similaire (2,8%). Il n’a pas été décelé de cancer invasif mais 12 femmes vaccinées (0,3%) et 22 non-vaccinées (0,2%) ont eu un carcinome cervical in situ pendant le suivi.

Chez les jeunes filles de 15 à 17 ans à l’inclusion, l’efficacité du vaccin a été estimée à 35% pour les HSIL, de 21% pour les LSIL et de -1% pour les ASCUS. L’efficacité était meilleure chez les femmes ayant eu au moins un frottis avant l’étude (46%, 35% et 23%).

Le vaccin Gardasil* était associé à une réduction de 23% du risque de lésions de haut grade chez les femmes de 18 ans et plus sans antécédent de frottis anormal, mais il n’était pas protecteur en cas d’antécédent de frottis anormal (-8%).

"Une proportion importante de femmes vaccinées risquent de ne pas être protégées contre les lésions de haut grade et les autres dysplasies si elles sont vaccinées à 18 ans et plus ou si elles ont déjà eu un frottis anormal avant. Ces résultats soulignent l’importance de vacciner les jeunes filles avant toute exposition significative à HPV et le besoin de programmes de dépistage qui couvrent toutes les femmes sexuellement actives, même si elles ont été vaccinées", concluent les auteurs.

Des études épidémiologiques post-marketing sont nécessaires pour évaluer l’efficacité dans la vie réelle des vaccins anti-HPV et pour suivre l’impact des autres mesures de prévention comme le dépistage et les programmes de prévention des infections sexuellement transmissibles, ajoutent-ils.

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter