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Dépistage du cancer du col : 60% de cancers invasifs en moins avec le test HPV en première ligne

Le dépistage du cancer du col utilisant le test HPV en première ligne est associé à une réduction de 60% à 70% des cancers du col invasifs par rapport à la cytologie, selon une nouvelle analyse européenne publiée dans The Lancet et présentée lundi au congrès Eurogin à Florence.

Alors que la coréalisation du test HPV et du frottis cervico-utérin tous les cinq ans est recommandée aux Etats-Unis comme stratégie de dépistage, en France, le test HPV est utilisé en deuxième ligne, dans le triage des frottis anormaux, rappelle-t-on.

L’efficacité relative du test HPV par rapport à la cytologie en première ligne a été évaluée dans quatre essais randomisés européens, qui ont tous examiné la détection des lésions précurseurs de cancer par ces tests. Mais aucune estimation directe de la prévention des cancers invasifs, chez les femmes recevant un dépistage régulier, n’a été faite, soulignent Guglielmo Ronco du centre d’épidémiologie et de prévention des cancers à Turin et ses collègues. De fait, l’efficacité du test HPV par rapport à la cytologie dans la prévention des cancers invasifs n’a pas été établie directement.

Ils ont réalisé une étude de suivi de ces quatre essais (suédois, néerlandais, britannique et italien), dans lesquels 176.464 femmes de 20 à 64 ans ont été randomisées entre les deux stratégies en première ligne de dépistage du cancer du col. Le suivi médian a été de six ans et demi, soit plus de 1,2 million de personnes-années, au cours desquelles 107 cancers cervicaux invasifs ont été identifiés.

Sur l’ensemble de la population étudiée, le risque de survenue d’un cancer cervical invasif sur la totalité du suivi était réduit de 40% avec le test HPV par rapport à la cytologie.

Le risque de survenue de ces cancers invasifs était similaire entre les deux groupes au cours des deux premières années et demie de suivi, après quoi le taux devenait significativement plus faible, réduit de 55%, dans le groupe bénéficiant du test HPV par rapport à la cytologie. Ce taux était même réduit de 70% chez les femmes dont le test de dépistage initial était négatif.

L’incidence cumulative des cancers cervicaux invasifs chez les femmes dont le premier test était négatif était de 4,6 pour 100.000 à trois ans et demi et de 8,7 pour 100.000 à cinq ans et demi pour le test HPV, contre 15,4 pour 100.000 et 36,0 pour 100.000 pour la cytologie.

La réduction du risque de survenue d’un cancer invasif était la plus importante chez les femmes de 30 à 34 ans (-64%).

Etant donné que l’incidence cumulative des cancers invasifs était plus faible cinq ans et demi après un test HPV négatif que trois ans et demi après une cytologie négative, les auteurs suggèrent un intervalle d’au moins cinq ans entre deux test HPV, mais pas moins car des tests plus rapprochés en diminuent la spécificité et risquent d’augmenter les surdiagnostics de lésions vouées à disparaître spontanément.

"Nos résultats soutiennent le dépistage basé sur le test HPV avec un triage [par la cytologie en cas de test positif] à des intervalles plus longs, à partir de 30 ans", concluent-ils.

(The Lancet, publication en ligne du 3 novembre)

Dernière mise à jour le lundi 2 octobre 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter