Laboratoire
de Biologie Médicale

 

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Des marqueurs biologiques prédisant les chances de succès des biopsies testiculaires

Une équipe de chercheurs français a identifié 92 marqueurs de fertilité chez l’homme. Cette découverte permettrait une prédiction plus fiable des chances de succès d’une biopsie testiculaire chez l’homme stérile souhaitant recourir à la procréation médicalement assistée. Un prototype de test visant au dosage de ces marqueurs est actuellement mis au point. Les hommes atteints d’azoospermie non obstructive (NOA), c’est-à-dire qui ne produisent pas de spermatozoïdes, ont parfois des foyers de spermatogenèse résiduelle au sein de leurs testicules. Ces foyers peuvent permettre le prélèvement de quelques spermatozoïdes matures par biopsie testiculaire en vue d’une tentative de procréation médicalement assistée. « Nos collègues cliniciens nous ont fait part de la difficulté à obtenir un pronostic fiable pour les biopsies testiculaires » explique Charles Pineau, responsable de ces travaux. Il n’existe en effet que des méthodes indirectes peu efficaces et peu uniformisées. En plus d’être un échec dans environ 60 % des cas, ces interventions constituent un geste très invasif pouvant aboutir à une nécrose du testicule induisant une baisse de la libido voire une impuissance.

Afin de rechercher des marqueurs directs de fertilité, les chercheurs ont procédé à l’analyse la plus complète possible du protéome du plasma séminal humain chez un donneur fertile. Étant donné que seules les protéines abondantes peuvent être repérées, plusieurs équipes internationales ont effectué le même travail en parallèle. En recoupant les résultats de toutes les équipes et les données de travaux datant des années 2000, plus de 2 500 protéines non-redondantes ont été recensées. Quatre organes participent à la sécrétion de liquide séminal : les testicules, l’épididyme, les vésicules séminales et la prostate. Les auteurs ont fabriqué des puces représentant le transcriptome de chacun de ces organes et les ont comparés avec les transcriptomes d’autres organes (cerveau, foie, poumon,…) afin d’identifier notamment les gènes - et donc les protéines - spécifiques au testicule. 92 protéines du plasma séminal humain ayant comme origine le testicule ont ainsi pu être mises en évidence.

Il s’agit maintenant pour les chercheurs d’identifier les marqueurs les plus informatifs parmi les 92 recensés. Par la suite, « une méthode de dosage multiplexe, c’est-à-dire le dosage de plusieurs protéines en même temps » devrait permettre de doser ces marqueurs dans le plasma séminal et donc de prédire des chances de succès d’une biopsie testiculaire. Aujourd’hui, le prototype du test mis au point dose la présence de trois marqueurs. La sensibilité et la spécificité de ce test doivent encore être calculées. « Ce test ne remplacera pas la palpation, les dosages hormonaux ou les échographies testiculaires ; il s’agit d’un complément pour conforter le clinicien dans son diagnostic », précise Charles Pineau.

Dernière mise à jour le lundi 2 octobre 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter