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Don d’ovocytes : un décret imminent pour l’ouverture aux nullipares

Un décret ouvrant aux personnes n’ayant pas encore eu d’enfants la possibilité de donner ses gamètes devrait bientôt être signé, a-t-on appris lundi de sources professionnelles, confirmant une information publiée dimanche par le quotidien Libération.

Le projet de décret, que Libération dit s’être procuré, permet aux hommes et femmes nullipares de donner leurs gamètes et prévoit que les donneurs et donneuses pourront conserver une partie de leurs gamètes à leur bénéfice, en vue d’un éventuel recours ultérieur à l’assistance médicale à la procréation (AMP).

Le quotidien précise qu’au moins la moitié des ovocytes matures d’un même prélèvement seront destinés à être donnés. Mais le don est prioritaire et si la quantité obtenue est insuffisante, la donneuse ne pourra rien conserver pour elle-même.

Selon deux sources professionnelles interrogées par l’APM, le décret est à la signature, en Conseil d’Etat. Cela a été annoncé par la directrice générale de l’Agence de la biomédecine (ABM), Anne Courrèges, samedi 26 septembre lors des journées de la Fédération française d’étude de la reproduction (FFER) à Montpellier, a indiqué à l’APM le Pr Samir Hamamah (CHU de Montpellier), président des journées 2015.

Une fois publié, il faudra attendre, pour son application, un arrêté précisant les règles de bonne pratique, notamment sur la question de la répartition des ovocytes, de la part de l’ABM.

Pour le Pr Hamamah, l’application de ce texte en pratique sera problématique et risque en outre de diviser et créer une inégalité, si par ailleurs l’autoconservation sans condition n’est pas autorisée : des femmes pourront donner leurs ovocytes et en conserver une partie, tandis que d’autres, chez qui des biomarqueurs d’activité ovarienne altérée ont été détectés, ne pourront pas en conserver pour elles-mêmes.

Selon le spécialiste, les associations de patients se préparent déjà afin de casser le décret.

En outre, les conditions de mise en pratique "risquent d’être un vrai casse-tête", pour déterminer notamment combien d’ovocytes sont donnés et combien conservés, si on parle d’ovocytes totaux ou seulement d’ovocytes matures, auquel cas il faudrait "déshabiller" chaque ovocyte afin de l’examiner...

"J’espère réellement qu’on pourra booster le don d’ovocytes, mais je ne suis pas certain [que ce texte aboutira]. Je crois plutôt à l’autoconservation préventive", a-t-il ajouté.

Dernière mise à jour le lundi 2 octobre 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter