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FIV : la source des ovocytes et la gémellité, facteurs de risque de complications obstétricales et néonatales

Les paramètres du traitement de fécondation in vitro (FIV), comme la source des ovocytes et la gémellité, sont associés au risque de complications obstétricales et néonatales, montre une étude américaine présentée lundi au congrès de l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM) à Hawaï.

B. Luke de la Michigan State University et ses collègues ont analysé les données concernant les naissances vivantes issues de 6.526 grossesses simples et 2.422 grossesses gémellaires, obtenues par FIV, en portant une attention particulière sur les paramètres du traitement, tels que la source des gamètes (autologue ou don), le recours à la micro-injection (Icsi), à l’éclosion assistée, le statut embryonnaire (frais ou congelé), le nombre d’embryons transférés et le nombre de foetus.

Le principal facteur de risque de complications obstétricales et néonatales était la gémellité, qui conférait un risque augmenté de 30% de diabète gestationnel, un risque multiplié par 2,58 d’hypertension gravidique, par 3,65 d’hospitalisations prénatales, par 5,83 de première césarienne, par 11,84 de naissance prématurée, par 10,68 de petit poids de naissance et par 2,17 de petitesse pour l’âge gestationnel, selon le résumé de la communication orale. Ces risques étaient peu modifiés par l’ajustement en fonction des autres paramètres de traitement.

Parmi les autres paramètres, le recours au don d’ovocytes était associé à un risque accru d’hypertension gravidique (+87%), de première césarienne (+43%) et de naissance prématurée (+43%). Les embryons congelés étaient associés à un risque accru d’hypertension gravidique (+30%) mais à un risque plus faible de petit poids de naissance (-21%) et de petitesse pour l’âge gestationnel (-62%).

"Nous connaissons depuis longtemps les dangers des grossesses multiples de rang élevé. Cette étude nous montre combien même les grossesses gémellaires peuvent être risquées. Il est clair que la tendance à utiliser le transfert mono-embryonnaire doit continuer", commente Rebecca Sokol, présidente de l’ASRM, dans un communiqué de la société savante. Une autre étude menée par la même équipe à partir de la même base de données, qui doit être présentée mercredi en session de posters, fait la corrélation entre la cause de l’infertilité et le résultat de la grossesse. Les troubles de l’ovulation étaient associés à un plus grand risque de diabète gestationnel (+80%) et de prématurité (+36%).

Les visites aux urgences étaient plus fréquentes chez les patientes ayant une réserve ovarienne diminuée (+45%), et les hospitalisations prénatales plus courantes en cas d’endométriose, de facteurs de stérilité tubaires et autres, de troubles de l’ovulation et de facteurs utérins.

En cas de facteur d’infertilité utérin, le risque de première césarienne était augmenté de 96%.

En revanche les complications néonatales n’étaient pas significativement différentes entre les différents groupes de diagnostic.

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter