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FIV : le nombre d’ovocytes prélevés négativement associé au poids de naissance

Un nombre d’ovocytes prélevés plus élevé lors d’un cycle de fécondation in vitro (FIV) est associé à des chances plus importantes de naissance vivante, mais aussi à un plus grand risque de petit poids de naissance, selon une étude américaine publiée dans Fertility and Sterility.

Valerie Baker de la Stanford University School of Medicine à Palo Alto (Californie) et ses collègues ont analysé une cohorte rétrospective de 194.627 cycles utilisant les propres ovocytes de la patiente, ayant donné 55.878 naissances vivantes uniques, et 37.188 cycles avec don d’ovocytes, ayant donné 12.862 naissances vivantes uniques.

Dans les cycles autologues aussi bien qu’avec don d’ovocytes, avec le transfert de deux embryons, le nombre d’ovocytes prélevés était significativement associé au taux de naissance vivante, après ajustement en fonction de l’âge et des précédentes naissances. Ainsi, dans les cycles autologues avec un transfert embryonnaire à J2-J3, le taux de naissance vivante atteignait 38,9% dans l’ensemble, allant de 24,1% lorsqu’un à cinq ovocytes avaient été prélevés à 44,9% pour 26 ovocytes ou plus prélevés. Mais, pour les cycles autologues avec transfert de deux embryons, le poids de naissance était significativement influencé, de manière négative, par le nombre d’ovocytes prélevés : pour un transfert à J2-J3, le poids de naissance allait de 3,263 g pour un à cinq ovocytes prélevés à 3,193 g pour 26 ovocytes ou plus.

Le taux de petit poids de naissance augmentait aussi avec le nombre d’ovocytes prélevés pour les cycles autologues avec transfert de deux embryons : il passait de 8,3% avec un à cinq ovocytes prélevés à 11,5% avec 26 ovocytes ou plus, pour les transferts à J2-J3. Ces associations étaient significatives également pour les transferts à J5-J6.

Le transfert d’un seul embryon n’était en revanche pas associé à des différences significatives en fonction du nombre d’ovocytes prélevés, et les cycles avec don d’ovocytes ne présentaient pas d’association entre nombre d’ovocytes et poids de naissance ou taux de petit poids de naissance. "Ces résultats démontrent l’effet délétère subtile mais significatif de l’augmentation du nombre d’ovocytes prélevés sur la durée de la grossesse, le poids de naissance, et le poids de naissance en fonction de l’âge gestationnel", concluent les auteurs.

Le fait que ces associations ne soient pas observées dans les cycles avec don d’ovocytes "suggère que l’effet délétère potentiel du milieu hormonal altéré associé à la stimulation ovarienne se manifeste dans l’endomètre ou peut-être dans la circulation maternelle, plutôt que dans l’ovocyte", proposent-ils. Il peut aussi s’agir d’un effet directement sur l’embryon du fait du transfert dans un environnement non physiologique à un moment où des évènements importants du développement ont lieu, ajoutent-ils.

[Fertility and Sterility, publication en ligne du 28 janvier]

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter