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FIV : risque d’hyperstimulation ovarienne précoce même avec une stimulation légère avec antagoniste de la GnRH

Un syndrome d’hyperstimulation ovarienne précoce peut survenir, même avec une stimulation légère avec antagoniste de la GnRH lors de la prise en charge d’une fécondation in vitro (FIV), selon une étude turco-canadienne parue dans Human Reproduction.

Les syndromes d’hyperstimulation ovarienne se caractérisent par un nombre important de follicules suite à une stimulation ovarienne. Ils ont lieu, dans leur grande majorité, pendant la stimulation ovarienne par injection de hCG réalisée lors d’une FIV, dont c’est la complication la plus sérieuse.

Pour éviter ce problème, il a été suggéré de procéder à une stimulation plus légère, avec seulement 1.500 UI de hCG, réalisée 35 heures après une injection de l’agoniste du GnRH, qui est supposée réduire la réponse pituitaire. De cette façon, le syndrome d’hyperstimulation ovarienne est évité tout en conservant un bon taux de grossesses, et cela même chez les patientes à haut risque (cf APM CDPJC003).

Ayse Seyhan et ses collègues de l’Université McGill à Montréal et de l’université Uludag à Bursa (Turquie) ont voulu vérifier si cette approche écartait définitivement le risque d’hyperstimulation ovarienne précoce chez les patientes les plus à risque.

Ils ont mené une étude rétrospective dans leurs deux centres, chez des femmes qui avaient reçu 0,25 mg/j d’un agoniste de la GnRH à partir du sixième jour du traitement préliminaire par gonadotrophine, ou dès que le follicule le plus important avait atteint 14 mm. L’injection de GnRH était continuée jusqu’à ce qu’un minimum de deux follicules atteigne 17 mm de diamètre.

On procédait ensuite à une stimulation légère de 1.500 UI de hCG afin de préserver le bon déroulement de la phase lutéale.

Les patientes étaient considérées à haut risque si elles avaient un grand nombre de follicules de taille supérieure ou égale à 12 mm, ou un taux d’oestradiol important pendant la fin de leur phase folliculaire. Les auteurs précisent que d’autres mesures étaient parfois prises pour renforcer la prévention du syndrome d’hyperstimulation ovarienne comme l’injection de dopamine.

L’étude a rassemblé un total de 31 femmes ayant suivi la stratégie GnRH + hCG. Un transfert embryonnaire a été effectué chez 18 femmes, aboutissant à deux grossesses.

Six de ces femmes ont développé un syndrome d’hyperstimulation ovarienne, dont cinq étaient précoces.

Les auteurs constatent donc que contrairement à ce qui était rapporté dans d’autres études, même une stimulation ovarienne légère peut provoquer un syndrome d’hyperstimulation ovarienne précoce.

En comparant les données des patientes qui ont développé un syndrome d’hyperstimulation ovarienne avec celles qui n’en ont pas eu, les auteurs notent qu’il y avait 20 follicules de 12 mm et plus en moyenne chez les patients avec un syndrome d’hyperstimulation ovarienne contre 15 chez les autres.

Ils notent également que l’indice de masse corporelle (IMC) moyen était statistiquement plus fort chez les femmes développant un syndrome d’hyperstimulation ovarienne. Ils estiment qu’il est possible que les médecins compensaient un IMC plus important par l’injection d’une dose plus forte de gonadotrophine, ce qui pourrait être à l’origine de certains des syndromes observés.

Ils jugent plus prudent d’éviter une injection de hCG chez les femmes les plus à risque, celles dont le décompte de follicules de 10 à 14 mm est supérieur ou égal à 18 le jour de la stimulation, et de s’en tenir à l’agoniste de la GnRH.

Ils rappellent qu’il est possible de proposer à ces femmes une cryoconservation de l’ensemble des embryons obtenus lors de la FIV, afin de tenter une insémination artificielle lors d’un autre cycle, sans stimulation ovarienne.

Human Reproduction

Dernière mise à jour le lundi 2 octobre 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter