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Infertilité masculine : une spermatogenèse humaine complète obtenue in vitro

La société de biotechnologie Kallistem, basée à Lyon, a annoncé mardi dans un communiqué avoir réussi à obtenir une spermatogenèse humaine complète in vitro pour la première fois au monde.

Spécialisée dans les technologies de culture cellulaire en biologie de la reproduction, Kallistem a été fondée en 2012 par deux spécialistes reconnus pour leurs travaux en biologie de la reproduction masculine et plus particulièrement dans la spermatogenèse in vitro, Philippe Durand (Inra, Inserm et Institut de génomique fonctionnelle de Lyon), directeur scientifique de la société, et Marie-Hélène Perrard (CNRS), présidente du conseil scientifique. Elle est incubée au sein de Pulsalys. Kallistem exploite deux technologies brevetées de culture cellulaire spécifiques pour la prévention de la fertilité et le traitement de l’infertilité masculine : Artistem*, technologie de thérapie cellulaire permettant la maturation des spermatozoïdes in vitro, et Bio-AlteR*, système de culture cellulaire en 3D de tubes séminifères.

"La société est parvenue fin 2014 à produire en laboratoire des spermatozoïdes humains complètement formés, à partir de biopsies testiculaires de patients ne contenant que des cellules germinales immatures (spermatogonies)", indique le communiqué.

Le processus physiologique de la spermatogenèse complète dure 72 jours, souligne la firme, qui compte avec cette avancée scientifique "affirmer sa position de leader mondial dans le domaine de la spermatogenèse in vitro". Cette technique cible la préservation de la fertilité des jeunes garçons pré-pubères soumis à un traitement gonadotoxique, ainsi que les adultes souffrant d’azoospermie non obstructive. Selon Isabelle Cuoc, présidente de Kallistem, le rendement obtenu avec cette technologie est suffisant pour envisager une FIV/Icsi (injection intracytoplasmique de spermatozoïde).

Une biopsie testiculaire peut être réalisée aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte infertile, et les cellules germinales immatures peuvent être congelées. "La technologie de Kallistem va permettre la mise en culture de la biopsie pour réaliser la production de spermatozoïdes ex vivo. Après obtention des spermatozoïdes, une fécondation in vitro par Icsi [...] peut être envisagée", explique la société sur son site internet.

Des études précliniques sont prévues jusqu’en 2016 et des études cliniques à partir de 2017, prévoit la firme. Elle espère d’ici cinq ans commercialiser ses technologies sous forme de licences, auprès des industriels du marché de l’assistance médicale à la procréation (AMP) ainsi que des centres d’AMP privés ou publics.

"L’entreprise vise un marché mondial sur lequel aucun acteur n’est actuellement présent et qui se chiffre à plusieurs milliards d’euros, ce qui devrait convaincre les futurs partenaires financiers de participer au premier tour de financement qui devrait intervenir avant fin 2015", note Isabelle Cuoc dans le communiqué.

La société estime le marché du traitement de l’infertilité masculine à plus de 2,3 milliards d’euros, avec plus de 50.000 nouveaux patients par an. La préservation de la fertilité des garçons pré-pubères soumis à un traitement gonadotoxique concerne plus de 15.000 jeunes au niveau mondial, et l’azoospermie non obstructive plus de 120.000 hommes, selon la firme.

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter