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de Biologie Médicale

 

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L’Agence de la biomédecine émet des recommandations sur le risque de thrombose lors d’une AMP

L’Agence de la biomédecine (ABM) a émis des recommandations sur la prévention et la prise en charge des thromboses dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation (AMP).

Ces recommandations, mises en ligne dans le courant de l’été, ont reçu le label de la Haute autorité de santé (HAS) et ont été élaborées dans le cadre du protocole de collaboration signé en décembre 2010 entre les deux organisations (cf APM CONLE004).

Ces recommandations préconisent une évaluation des risques de thrombose avant, en début et en cours d’AMP, ainsi qu’en cas de grossesse suivant l’AMP. Parmi les facteurs de risque de thrombose veineuse liés à l’AMP proprement dite, l’ABM évoque les antécédents de syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) sévère, la prise d’oestroprogestatif pour la programmation des cycles, un indice de masse corporel faible ainsi qu’une oestradiolémie ou un taux d’hormone antimüllérienne élevés.

Chez les femmes les plus à risques de SHO sévère, une stimulation ovarienne personnalisée pourra être mise en place, ce qui implique une adaptation des doses d’hCG ou de FSH, le recours aux antagonistes de la GnRH ou à des stimulations plus douces, ainsi qu’une surveillance renforcée de l’ovulation.

Chez les femmes présentant des risques de thrombose veineuse, une évaluation du bénéfice-risque de l’administration d’un oestroprogestatif en vue d’une programmation de cycle doit être réalisée. La prise d’une association d’éthinylestradiol et d’un progestatif, quelque soit sa génération, est notamment contre-indiquée.

En outre, après transfert d’embryon congelé ou en cas de don d’ovocytes, il est conseillé d’administrer l’oestradiol par voie orale avec prudence ou de privilégier la voie extra-digestive.

Enfin, une compression veineuse médicale de classe 2 est conseillée en cours d’AMP, pendant la grossesse et pendant les six semaines qui suivent l’accouchement, voire six mois en cas de césarienne.

PRIVILIEGIER LES HEPARINES DE BAS POIDS MOLECULAIRE

Un traitement anticoagulant préventif est également envisageable en cas d’antécédents personnels ou familiaux d’événement thrombo-embolique veineux, de facteurs de risques biologiques ou d’antécédents d’hyperstimulation ovarienne sévère.

L’ABM estime que l’héparine non fractionnée et les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) peuvent être utilisées à titre préventif, avec une préférence pour les HBPM en raison de leur plus grande maniabilité. Les traitements par antivitamine K sont en revanche déconseillés pendant l’AMP en raison du risque tératogène.

En cas de SHO sévère, un traitement par HBPM à dose préventive est conseillé pendant la période d’hyperstimulation.

Si une thrombose veineuse survient au cours d’une AMP, l’ABM préconise l’initiation d’un traitement par HBPM dès la confirmation du diagnostic par écho-doppler ou par scintigraphie de perfusion si le premier examen est négatif mais que la suspicion reste forte.

En revanche, les médicaments thrombolytiques et les traitements anti-agrégants plaquettaires ne doivent pas être utilisés en première intention lors de la phase aiguë.

Concernant les thromboses artérielles, les auteurs des recommandations rappellent que "la survenue d’un syndrome coronaire aigu est exceptionnelle chez une femme en âge de procréer" et que leur prise en charge doit être effectuée "en milieu spécialisé selon les recommandations habituelles".

Prévention et prise en charge des thromboses artérielles et veineuses dans le cadre de l’AMP

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter