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de Biologie Médicale

 

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L’Agence de la biomédecine publie son deuxième rapport d’évaluation des résultats des centres d’AMP

L’Agence de la biomédecine (ABM) a mis en ligne son deuxième rapport d’évaluation des résultats des centres d’assistance médicale à la procréation (AMP) pratiquant la fécondation in vitro (FIV) en France, portant sur l’activité 2011.

Ce rapport est publié conformément à la loi sur la bioéthique de 2011. Il présente les résultats individuels des centres, identifiés, sous forme de graphique en entonnoir, ou "funnel plot", représentant l’intervalle de confiance autour de la moyenne nationale en fonction du volume d’activité.

L’analyse statistique porte sur les résultats des tentatives de FIV intraconjugales avec ou sans injection intracytoplasmique de spermatozoïde (Icsi) réalisées en 2011. Elle tient compte des caractéristiques agrégées de la patientèle de chaque centre, disponibles dans leur rapport d’activité, et du nombre de tentatives effectuées, précise l’agence. Les résultats sont ainsi ajustés pour chaque centre en fonction de ces caractéristiques.

L’ABM insiste sur le fait que "cette méthode ne permet pas de comparer les centres entre eux puisque l’intervalle de confiance du taux d’accouchement de chaque centre n’est pas estimé". En revanche, les résultats standardisés en fonction des caractéristiques des patientes peuvent être comparés, pour chaque centre, à la moyenne nationale. Les résultats qui se trouvent en dehors de l’intervalle de confiance sont considérés comme significativement différents de la moyenne nationale.

Sur l’ensemble du territoire, 59.605 ponctions ont été réalisées dans les 101 centres inclus qui avaient une activité supérieure ou égale à 50 ponctions en 2011. Chaque centre a réalisé en moyenne 590,1 ponctions, 8,9 ovocytes et 4,7 embryons ont été obtenus en moyenne par ponction.

Le taux d’accouchement par ponction, après transfert d’embryons frais, a été en moyenne de 19,6%. Il allait de 7,7% pour le résultat le plus bas à 33,4% pour le plus élevé. Le pourcentage de grossesses évolutives par ponction a été 20,3%, allant de 12,3% à 34,1%. Au total 10 centres avaient des résultats significativement inférieurs à la moyenne nationale, en prenant un intervalle de confiance à 99%, tandis que 13 centres étaient significativement au-dessus de la moyenne.

Le taux moyen d’accouchement par ponction après transfert d’embryons frais ou congelés a été de 24,0%. Sur ce critère, 19 centres avaient des résultats significativement inférieurs à la moyenne nationale et 15 avaient des résultats significativement supérieurs. L’ABM souligne cependant que cette analyse suppose une activité de transferts d’embryons congelés des centres constante dans le temps, ce qui n’a pas été vérifié entre 2010 et 2011 pour 19 centres. Ceux-ci risquent donc d’être soit favorisés (ceux ayant une tendance à la diminution), soit défavorisés (ceux ayant une tendance à l’augmentation).

La fréquence des accouchements multiples a été en moyenne de 17,7%, avec cette fois seulement deux centres au-dessus de la moyenne nationale.

DES INDICATEURS COMPLEMENTAIRES ADRESSES A CHAQUE CENTRE

Avec ce deuxième rapport, "le parti a été pris de faire parvenir à tous les centres, en difficulté ou pas, les analyses des indicateurs complémentaires qui lui sont propres, avec les résultats au niveau national", a indiqué à l’APM le Dr Dominique Royère, directeur de la procréation, embryologie et génétique humaines (DPEGH) à l’ABM.

"Nous avons identifié un certain nombre d’indicateurs complémentaires, ciblés parmi les variables figurant dans les rapports d’activité annuels fournis par les centres, qui permettent, lorsqu’un centre se trouve en dessous de la moyenne, de donner des indications sur les points d’amélioration potentiels", a-t-il explicité.

Il peut s’agir par exemple d’un nombre moyen d’ovocytes recueillis plus faible, ou d’un nombre d’ovocytes matures plus faible, évoque-t-il.

Ces données complémentaires doivent être transmises cette année à chaque centre, "car cela peut avoir un intérêt pour tous les centres", y compris ceux qui sont au-dessus de la moyenne, mais elles ne seront pas mises sur le site internet de l’agence, a-t-il indiqué.

Aucune conclusion ne peut être tirée de la comparaison entre l’évaluation sur 2010 et celle sur 2011, puisqu’entre ces deux années les centres n’avaient pas encore été destinataires de ces résultats et ne pouvaient donc se comparer à la moyenne nationale selon la méthode utilisée, et prendre des actions correctrices.

Le Dr Royère a également confirmé que l’agence "devrait être en mesure en 2015, sur les résultats d’activité de 2013, de faire l’analyse des données individuelles", que les centres sont tenus d’adresser à l’agence depuis 2010, en plus de leur rapport d’activité annuel. Il s’agit des données du registre des FIV mis en place par l’agence.

Cette analyse, qui se fera non plus sur des données agrégées mais des données individuelles, permettra de faire "des ajustements plus précis, les informations complémentaires seront plus précises et plus riches, et cela sera plus riche d’enseignement pour les centres, afin qu’ils améliorent leurs performances", souligne-t-il.

"Cependant des résultats significativement inférieurs à la moyenne nationale devraient d’ores et déjà conduire à rechercher les raisons permettant d’expliquer cet écart", estime l’ABM.

Rapport national des résultats des centres d’AMP

Dernière mise à jour le mardi 18 juillet 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter