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L’antibiothérapie sans impact sur le risque de prématurité lors d’une vaginose bactérienne (étude française)

Une antibiothérapie initiée chez une femme enceinte atteinte d’une vaginose bactérienne n’a pas diminué le risque de prématurité, selon l’étude PREMEVA dont les résultats ont été communiqués mardi par le CHU de Lille.

Réalisée dans le Nord-Pas-de-Calais, l’étude PREMEVA a rassemblé 2.860 patientes recrutées parmi 84.530 femmes ayant réalisé un test de dépistage de la vaginose bactérienne au début de leur grossesse entre avril 2006 et juillet 2011.

Les chercheurs du CHU de Lille et de l’Hôpital Saint Vincent (Groupe hospitalier de l’Institut catholique de Lille) se sont en effet basés sur l’hypothèse formulée dans des travaux antérieurs selon laquelle l’ascension des bactéries vaginales vers les membranes foetales pourrait jouer un rôle déterminant dans l’origine de certaines prématurités, qui pourraient ainsi être prévenues par un traitement antibiotique.

Or, des travaux ont montré que chez les prématurés de moins de 7 mois, une infection in utero autour des membranes, ou chorio-amnionite, était présente, surtout chez les prématurés de moins de 6 mois, cette infection étant alors retrouvée dans 80% des cas.

L’infection des membranes est provoquée par des germes venant du vagin, qui remontent au-dessus du bouchon muqueux et peuvent soit provoquer la rupture des membranes, soit les traverser sans les rompre et infecter le liquide amniotique, et de là peuvent également atteindre le foetus et notamment l’arbre bronchique, provoquant une bronchodysplasie pulmonaire.

Dans l’étude, les deux tiers des patientes ont reçu de façon randomisée un traitement antibiotique, et l’autre tiers un placebo. Le taux d’accouchements prématurés était de 1,2% dans le groupe sous antibiothérapie contre 1% dans le groupe placebo.

"Ces résultats viennent infirmer la piste de l’impact du traitement par antibiothérapie chez les femmes enceintes porteuses d’une vaginose bactérienne", conclut le communiqué du CHU, précisant que "ces résultats ne remettent toutefois pas en cause la relation existant entre infection et prématurité".

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter