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La mesure de deux protéines dans le sang maternel permettrait d’identifier les grossesses à risque d’accouchement prématuré

La mesure dans le sang maternel de deux protéines, l’alpha-foetoprotéine et l’hormone antimüllérienne, lors des premier et deuxième trimestres de grossesse permettrait d’identifier les grossesses à risque de se terminer par un accouchement prématuré, suggère une étude publiée dans Fertility & Sterility.

Actuellement 11% des grossesses dans le monde aboutissent à un accouchement avant la 37ème semaine et ce taux continue d’augmenter, rappellent Barbara Stegmann et ses collègues de l’université d’Iowa City. Les tentatives pour identifier des facteurs démographiques ou obstétriques de risque de prématurité ont globalement été infructueuses.

Les chercheurs se sont intéressés à l’hormone antimüllérienne, hormone dont le taux est stable en début de grossesse mais qui en principe diminue rapidement, entre les semaines 13 et 15. Ils ont fait l’hypothèse qu’une absence de diminution (qui serait la traduction d’un problème dans la production de progestérone par les ovaires) pourrait identifier des grossesses à risque.

C’était effectivement le cas : une comparaison des taux d’hormone antimüllérienne des premier et deuxième trimestres montrant une stabilisation ou une élévation signait un risque augmenté de prématurité. Mais c’était le cas seulement si par ailleurs le taux de la protéine foetale alpha-foetoprotéine était élevé.

Les auteurs ont établi une formule pour estimer le risque de prématurité. Ils ont calculé qu’une grossesse au cours de laquelle le taux d’alpha-foetoprotéine était supérieur aux taux médians et l’hormone antimüllérienne augmentait, avait un risque de prématurité de 36%. Le risque pouvait même monter jusqu’à 82% pour les différences les plus importantes entre les taux d’hormone antimüllérienne entre les premier et deuxième trimestres. A l’inverse, une grossesse avec une alpha-foetoprotéine inférieure à la médiane et un déclin statistiquement significatif d’hormone antimüllérienne n’avait qu’un risque de prématurité de 6%.

L’absence de baisse de l’hormone antimüllérienne étant liée, selon les chercheurs, à une insuffisance de production de progestérone, leurs travaux suggèrent que surveiller cette hormone durant les deux premiers trimestres pourrait identifier des femmes enceintes nécessitant une supplémentation en progestérone.

(Fertility & Sterility, août, vol.104, n°2, p347-355)

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter