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de Biologie Médicale

 

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La réforme de la biologie prévoit une "médicalisation" de la profession

Présentée mercredi en conseil des ministres, l’ordonnance réformant l’exercice de la biologie est parue au "Journal officiel" de ce vendredi.

La notion de directeur de laboratoire disparaît au profit du "biologiste médical responsable".

Chaque laboratoire, dans un délai de six ans, devra être accrédité pour tous les examens qu’il réalise.

Le biologiste aura la possibilité de proposer au prescripteur une modification des examens à pratiquer ou d’en proposer de nouveaux pour affiner le diagnostic ; les laboratoires, dans le cadre de l’offre de soins territoriale, deviennent multisites, ce qui incite à leur regroupement. LE BIOLOGISTE MÉDICAL EST NÉ

l’ordonnance réformant la profession et qui est parue au Journal Officiel de ce jour, après avoir été présentée en conseil des ministres mercredi, prévoit en effet une « médicalisation » de la profession. D’où la disparition du directeur de laboratoire, du pharmacien biologiste, du médecin biologiste, au profit d’une seule profession : le biologiste médical. La nuance n’est pas évidente mais il s’agit, dans l’esprit des rédacteurs de ce texte, d’affirmer le rôle de conseiller médical que doit jouer désormais le biologiste, et de renforcer le dialogue entre le biologiste et le médecin prescripteur. Le premier pourra proposer au second, en fonction des référentiels publiés par la Haute Autorité de santé, de nouveaux examens ou des investigations plus poussées pour affiner et affirmer le diagnostic. Reste que le médecin prescripteur gardera le dernier mot puisqu’il a la possibilité de refuser ces propositions.

Autre disposition importante : tous les laboratoires devront, dans un délai de six ans (1er novembre 2016 au plus tard), avoir été accrédités par le COFRAC (comité français d’accréditation), et cela pour tous les examens qu’ils pratiquent. Pour certains biologistes, notamment le syndicat national des médecins biologistes, cette accréditation obligatoire est un moyen « non avoué de restructuration drastique et d’industrialisation de la profession ». Laboratoires multisites

L’une des ambitions de ce texte, il est vrai, est d’organiser l’offre de soins en matière de biologie médicale. La réforme, explique le préambule de l’ordonnance, « conduit à la fois à un regroupement des laboratoires et au maintien d’une limite territoriale de l’activité du laboratoire ».

Les laboratoires deviennent multisites et ces sites doivent correspondre à l’offre de soins territoriale mise en place par la loi HPST ou par le Schéma d’organisation de l’offre de soins. Dans ce contexte, le directeur général de l’agence régionale de santé peut s’opposer à l’ouverture d’un laboratoire ou d’un site.

Il est clair aussi que cette réforme a pour ambition de mieux maîtriser les dépenses de biologie médicale. En favorisant les regroupements, alors qu’actuellement la profession est très atomisée, les pouvoirs publics espèrent parvenir à un contrôle des coûts et des volumes. La notion de baisse de tarifs n’est évidemment pas inscrite dans le texte, mais elle est induite. Il s’agit, précise le préambule de l’ordonnance, à ce que « chacun ait accès partout en France à une biologie médicale de qualité prouvée, payée à son juste prix ». Tout est dit.

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter