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La supplémentation en fer pendant la grossesse réduit les risques d’anémie, de prématurité et de petit poids de naissance

La supplémentation en fer pendant la grossesse réduit les risques d’anémie gravidique, de prématurité et de petit poids de naissance, selon une méta-analyse américaine parue dans le British Medical Journal (BMJ)

Le déficit en fer est le déficit alimentaire le plus répandu dans le monde et en 2011, la moitié des anémies gravidiques étaient dues à un déficit en fer.

Batool Haider et ses collègues de l’école de santé publique d’Harvard à Boston (Massachusetts) ont constitué cette méta-analyse à partir de 48 essais randomisés, totalisant près de 18.000 femmes, et de 44 études de cohorte rassemblant plus de 1.850.000 femmes.

A partir des 48 essais randomisés, les auteurs ont calculé que la supplémentation en fer augmentait de 4,6 g/L en moyenne la concentration d’hémoglobine chez la femme enceinte, et était associée à un risque relatif d’anémie de 0,5 par rapport aux femmes qui ne prennent pas de supplémentation.

Les auteurs précisent que les résultats des différentes études étaient très hétérogènes, et doivent donc être interprétés avec précaution.

La consommation de fer était également associée à un risque relatif de déficience en fer de 0,59, à un risque relatif d’anémie ferriprive de 0,4 et à un risque relatif de petit poids à la naissance de 0,81.

Ces résultats se vérifiaient dans les études qui comparaient la supplémentation en fer avec la prise d’un placebo. On y observait notamment une augmentation moyenne de 40,8 g du poids à la naissance des bébés des parturientes qui prenaient une supplémentation en fer.

En revanche, le risque de prématurité n’était pas significativement influencé par la prise de fer pendant la grossesse.

PLUS DE RISQUE AVEC LES ANEMIES QUI SE DECLARENT TOT

Les études de cohorte ont démontré qu’il y avait un risque significativement plus élevé de prématurité (+21%) et de petit poids de naissance (+29%) en cas d’anémie diagnostiquée au premier trimestre. Cette relation ne se vérifiait plus chez les femmes dont l’anémie avait été diagnostiquée au deuxième ou au troisième trimestre.

L’analyse dose-réponse a de plus démontré qu’à chaque augmentation de dose de 10 mg/j, le risque relatif d’anémie maternelle était multiplié par 0,88, le poids à la naissance moyen était augmenté de 15,1 g, et le risque de petit poids à la naissance baissait de 3%. Cette association ne se vérifiait plus au-delà de la dose de 66 mg/j en ce qui concerne l’anémie maternelle.

Enfin, chaque augmentation de 1 g/L dans la concentration sanguine maternelle moyenne d’hémoglobine était associée à une augmentation du poids de naissance de 14 g, mais n’était associé à aucune modification des risques de petit poids à la naissance ou de prématurité.

La durée d’exposition n’avait en revanche pas d’impact sur les différents risques d’anémie, de prématurité ou de petit poids à la naissance.

Dans leur conclusion, les auteurs estiment que ces résultats plaident en faveur de l’intégration de la supplémentation en fer au sein d’une stratégie globale de prévention des complications de la grossesse.

British Medical Journal

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter