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Le dosage systématique du BNP favorise la prévention de l’insuffisance cardiaque chez les patients à risque

Congrès de l’American College of Cardiology (ACC) à San Francisco.

Le dosage systématique du peptide natriurétique de type B (BNP) chez les patients à risque est associé à une réduction notable de la prévalence de l’insuffisance cardiaque et d’une dysfonction ventriculaire gauche, selon l’étude prospective STOP-HF dont les résultats ont été présentés lundi en session "late-breaking" de l’ACC.

"STOP-HF fournit le premier exemple de la façon dont un dépistage organisé et une stratégie interventionnelle peuvent prévenir l’insuffisance cardiaque" alors qu’habituellement, les études se focalisent sur la prise en charge, selon Kenneth McDonald de l’hôpital universitaire St Vincent à Dublin, l’un des auteurs, dans un communiqué de l’ACC.

L’étude menée par le Dr Mark Ledwidge et ses collègues de l’établissement irlandais avait pour objectif de mesurer l’effet d’un dépistage sanguin systématique de l’insuffisance cardiaque. Elle était financée par le gouvernement irlandais et le septième programme-cadre pour la recherche et le développement (PCRD 7) de l’Union européenne.

La cohorte a suivi pendant 4,3 ans en moyenne 1.235 patients asymptomatiques (64,7 ans de moyenne) mais présentant des facteurs de risques d’insuffisance cardiaque. 18,1% étaient diabétiques, 27,2% étaient obèses et 4,45% présentaient une ischémie myocardique.

Selon les données de traitement, 47,6% recevaient un inhibiteur du système rénine-angiotensine, 29% étaient sous bêta-bloquants, 58,7% sous statine et 45,6% sous anti-agrégant plaquettaire.

Les patients ont été randomisés entre le suivi classique par un médecin généraliste et un dosage du BNP au moins une fois par an. Dans ce groupe, dès que le seuil de 50 pg/mL était dépassé, les patients devaient passer une échocardiographie puis être suivis conjointement par un généraliste et un cardiologue.

Cette augmentation du niveau de BNP a été observée chez 41,6% des patients du groupe dépisté.

Le critère primaire d’évaluation était la prévalence de l’insuffisance cardiaque et d’une dysfonction ventriculaire gauche dans les deux groupes, de 5,9% parmi les patients dont le BNP a été mesuré, contre 9,7% dans le groupe contrôle, soit "une baisse statistiquement significative de 42%", selon le calcul des auteurs.

Le critère secondaire était aussi en faveur du dépistage, avec un taux d’hospitalisation en urgence pour évènement cardiovasculaire de 24,4 pour 1.000 patients-années dans le groupe dépisté, contre 45,2 dans le groupe contrôle, soit une baisse significative de 46% dans l’incidence des évènements cardiovasculaires importants.

Dans son communiqué, l’ACC insiste sur le fait que "cette étude doit encourager les médecins à mettre en place ce dépistage simple et peu onéreux pour l’ensemble de leurs patients à risque".

Les chercheurs recommandent que la cohorte qu’ils ont constituée continue à être suivie afin de confirmer les bénéfices de ce dépistage dans le temps.

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter