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Le taux de résistance aux quinolones des infections à Campylobacter continue sa progression

Le taux d’infections à Campylobacter résistantes aux quinolones poursuit sa progression en France, selon le dernier bilan de l’Institut de veille sanitaire (InVS) basé sur les données de 2012, diffusé vendredi.

Les infections à Campylobacter peuvent provoquer des intoxications alimentaires. La transmission de cette bactérie Gram négatif est majoritairement alimentaire.

Selon Lisa King de l’InVS et ses collègues du Centre national de référence des Campylobacters et Helicobacter (université de Bordeaux), le nombre de souches de Campylobacter réceptionnées au CNR a baissé en 2012 par rapport à l’année précédente, pour la première fois depuis 2005. Le centre de référence en a reçu 5.079, soit 8% de moins qu’en 2011. "Cette baisse correspond le plus probablement à un biais de surveillance et non à une vraie diminution de l’incidence des infections à Campylopbacter", estiment les auteurs.

En accord avec le CNR, depuis janvier 2012, certains grands laboratoires hospitaliers ne transmettent plus systématiquement leurs souches au CNR, mais un échantillon et des résultats de caractérisation non inclus dans ce bilan.

La quasi-totalité (98%) des souches ont été isolées des selles et Campylobacter jejuni était majoritaire (83%), alors que C. fetus représentait 69% des souches isolées d’hémocultures.

Selon ce bilan, l’augmentation croissante de la résistance des Campylobacters aux quinolones, observée depuis 2004, se poursuit pour atteindre 55% (vs 53% en 2011) pour l’acide nalidixique et 52% pour la ciprofloxacine (vs 51% en 2011). Les taux de résistance aux quinolones observés en France en 2012 étaient comparables à ceux rapportés par le système de surveillance de l’Union européenne Tessy en 2011. Jusqu’en 2003, les résultats suggéraient un impact positif des mesures limitant l’utilisation des quinolones en médecine vétérinaire mises en place par l’UE en 1999. Depuis 2005, les données recueillies chez l’homme "rappellent l’importance du bon usage des antibiotiques en santé humaine et vétérinaire", commentent les auteurs.

Selon cette étude, les caractéristiques épidémiologiques observées depuis 2002 se confirment : pic épidémiologique pendant l’été, davantage de cas chez les enfants, prédominance des cas masculins, de l’espèce C. jejuni et résistance élevée et croissante aux quinolones.

Données épidémiologiques des infections à Campylobacter en France

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter