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Le test HPV utilisé en première ligne dans le dépistage du cancer du col de l’utérus dans les Ardennes

Le test HPV est proposé en conditions réelles dans le dépistage primaire du cancer du col de l’utérus dans le cadre d’une étude menée dans les Ardennes avec une participation qui demande à être améliorée, a-t-on appris auprès des investigateurs.

Les médecins coordonnateurs du CHU de Reims et la Société ardennaise de cancérologie (SAC 08), qui gère le dépistage des cancers du sein et colorectaux, ont réalisé un point d’étape sur l’étude pilote START-HPV lors d’une conférence de presse organisée vendredi au CHU rémois.

Le département a été sélectionné dans le cadre d’un appel à projets de l’Institut national du cancer (Inca) pour tester cette nouvelle méthode d’analyse sur un vaste échantillon dans la vraie vie, améliorer le dépistage du cancer du col de l’utérus et proposer une réorganisation de ce dépistage en rationnalisant mieux le nombre d’examens gynécologiques dans la vie d’une femme (en espaçant les dépistages), a indiqué le Pr Christine Clavel du CHU de Reims, interrogée par l’APM.

Le dépistage de ce cancer est réalisé par frottis cervico-utérin avec recherche cytologique. Le test HPV, plus récent, est utilisé en triage des frottis anormaux mais sa sensibilité s’est montrée supérieure en dépistage primaire chez les femmes à partir de 30 ans. Sa moindre spécificité nécessite un test de triage après un résultat positif (en raison d’un plus grand nombre de faux positifs). Sa forte valeur prédictive négative permet d’espacer l’intervalle entre deux dépistages après un test négatif.

Dans le cadre de cette étude, 50.000 femmes âgées de 25 à 65 ans et n’ayant pas été suivies par un frottis cervico-utérin depuis au moins trois ans sont progressivement contactées pour effectuer un frottis qui est ensuite analysé selon le test HPV à partir de 31 ans et sinon classiquement par cytologie.

Cette distinction selon l’âge permet de se placer après le pic d’infection observé dans la tranche d’âge 20-30 ans. Le papillomavirus humain (HPV) constitue l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente. 80% à 90% des femmes seront infectées au cours de leur vie. La plupart des femmes éliminent le virus mais chez certaines, il va persister et provoquer des lésions précancéreuses pouvant évoluer vers un cancer.

La mise en place de l’essai a demandé beaucoup d’efforts de formation auprès des médecins traitants et des gynécologues notamment. Le frottis de dépistage peut être réalisé auprès du médecin traitant, d’un gynécologue, d’une sage-femme, d’un laboratoire d’analyse médicale ou d’un centre de prévention de santé.

A partir de février, les femmes qui ne se sont pas fait dépister malgré l’invitation reçue auront un premier courrier de relance. Puis à partir de mai, un second courrier de relance est prévu contenant un bon de retrait en pharmacie pour un dispositif d’auto-prélèvement (par lavage vaginal). Ce prélèvement se fait à domicile et l’échantillon est envoyé à la plateforme régionale de biologie innovante du CHU de Reims.

L’objectif est de rattraper des femmes qui auraient peur d’aller consulter afin d’augmenter la couverture du dépistage.

A ce stade du déroulement de l’étude, la participation après le premier envoi du courrier est plus faible que prévu et les investigateurs travaillent actuellement avec l’Inca pour réadapter la stratégie d’invitation afin d’augmenter la participation.

"On se concentre pendant une période donnée sur des petites zones géographiques, canton par canton, pour mobiliser tous les professionnels et inciter les médecins à inclure les femmes", indique le Pr Clavel.

"Cela pose la question du dépistage en France en général. On a beau avoir un test moderne et les plus beaux protocoles, il est difficile de convaincre la population de participer", commente-t-elle.

START-HPV est financé par l’Inca à hauteur de 800.960 euros et par la Champagne-Ardenne pour 108.421 euros. Des financements complémentaires sont recherchés pour atteindre le coût total de 1,07 million pour quatre ans.

Une autre étude évaluant le test HPV en dépistage primaire est en cours dans la Meuse. Elle s’intéresse aux femmes tout venantes après 35 ans.

On estime le nombre de décès par cancer du col de l’utérus à 1.000 en 2011.

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter