Laboratoire
de Biologie Médicale

 

Fermer

Les IPP n’augmentent pas l’incidence des infections par Campylobacter ou Salmonella

American Journal of Gastroenterology, vol 108, juillet 2013, p1094-1100

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) n’augmentent pas l’incidence des infections par Campylobacter ou Salmonella, selon une étude galloise parue dans The American Journal of Gastroenterology.

Des études cas-contrôles avaient démontré que la baisse de l’acidité rendait le milieu gastro-intestinal plus propice aux infections. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) utilisés pour réduire l’acidité en cas d’ulcère et de reflux gastro-oesophagien (RGO) pourraient donc rendre les patients plus sensibles aux infections du tractus digestif.

Une augmentation du risque d’infection par Clostridium difficile avec les IPP avait déjà été montrée. En revanche, les résultats étaient contradictoires pour les surrisques de pneumonie et d’infection par Campylobacter.

Cette étude est la première à s’intéresser aux risques d’infection par Salmonella et par Campylobacter avant et après la prise d’IPP. Sinead Brophy et ses collègues de l’université de Swansea (Royaume-Uni) espéraient ainsi savoir si le risque d’infection était dû aux caractéristiques de la population traitées par IPP ou aux IPP eux-mêmes.

Les auteurs ont collecté de façon rétrospective les données de plus de 1,9 million de patients, dont près de 359.000 utilisaient des IPP. Les données récoltées couvraient une période de 20 ans, entre 1990 et 2010. Les auteurs ont observé quels étaient les taux d’infections un an après la prescription d’IPP.

Dans un premier temps, ils ont comparé le taux d’infection à celui de ces mêmes patients un an avant la prescription d’IPP (groupe 1). Ils l’ont ensuite comparé à celui de deux groupes de patients non exposés aux IPP, l’un en 1991 et l’autre en 2009 (groupe 2). Enfin, ils l’ont comparé à un groupe de patients non exposés aux IPP, dont le moment d’inclusion dans l’étude correspondait au moment de prescription d’IPP chez les cas (groupe 3).

Après la prescription du premier IPP, les taux d’infections par Campylobacter et par Salmonella étaient respectivement multipliés par 1,5 (statistiquement significatif) et 1,2 (non significatif) par rapport aux taux avant la prescription.

Cependant, dans le groupe contrôle 2, non traité par IPP, on a observé également une multiplication par 1,6 du taux d’infection par Campylobacter entre les périodes 2008-09 et 2009-10, ce qui était statistiquement significatif. Les auteurs ont donc supposé que la population générale voyait elle aussi son risque d’infection augmenter avec le temps.

Enfin, dans la troisième comparaison, ils ont constaté que les taux d’infection par Campylobacter et par Salmonella étaient plus élevés dans le groupe IPP que dans le groupe contrôle 3 avant même la première prescription d’IPP.

Les auteurs précisent que les patients du groupe IPP présentaient plus de facteurs de risque d’infection que ceux des groupes contrôles. Ils ont donc comparé les patients sous IPP avec des contrôles présentant les mêmes facteurs de risque. Là aussi, ils ont trouvé un surrisque d’être déjà porteur d’une de ces bactéries, avant même la prise d’IPP.

Les auteurs concluent que si les utilisateurs d’IPP ont une plus grande probabilité de contracter une infection gastro-intestinale, c’est plus lié à leur profil qu’à la prise d’IPP en elle-même.

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter