Laboratoire
de Biologie Médicale

 

Fermer

Les femmes qui ont une grossesse multiple après une FIV ont un risque accru de cancer du sein

Les femmes qui ont une grossesse multiple après une fécondation in vitro (FIV) ont un risque accru de cancer du sein, selon une étude de cohorte néerlandaise présentée à Londres mardi au congrès de la société de médecine reproductive et d’embryologie (ESHRE).

"Il est généralement admis que les hormones telles que les oestrogènes ou la progestérone pendant une grossesse multiple stimulent la prolifération cellulaire dans le sein, ce qui augmente la probabilité de mutations somatiques et donc de cancer du sein", a rappelé Els Groeneveld du centre médical de l’université de VU, à Amsterdam, lors de la conférence de presse qui a eu lieu mardi. "Une des hypothèses fréquemment avancées est que la forte augmentation de la concentration sanguine en facteur de croissance VEGF pourrait être à l’origine de l’augmentation du risque de cancer du sein".

Plusieurs études avaient déjà été faites pour savoir s’il y avait un lien entre grossesse multiple et risque de cancer du sein en population générale. Elles démontraient certes une augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes ayant eu une grossesse multiple obtenue de manière naturelle, mais cette augmentation était la plupart du temps non statistiquement significative.

"L’avantage d’une étude de cohorte rassemblant des femmes ayant suivi une FIV, c’est que l’on a affaire à une population où le nombre de grossesses multiples est artificiellement augmenté", a expliqué Els Groeneveld.

Cette étude s’est appuyée sur les données de la cohorte Omega constituée de 12.589 femmes traitées par FIV et suivies pendant une durée médiane de 16,7 ans. Les auteurs ont noté que 38,7% d’entre elles n’avaient pas eu d’enfant, 47,9% avaient eu un enfant unique et 13,4% avaient eu une grossesse multiple.

Les taux de cancer dans ces trois différents groupes étaient respectivement de 2,2%, 2,6% et 3,4%. Il y avait donc un surrisque de 44% dans le groupe des grossesses multiples par rapport aux mères d’enfant unique.

Les chercheurs précisent que le surrisque de cancer du sein chez les femmes ayant une grossesse multiple était statistiquement significatif si toutes les implantations d’embryons avaient réussi (surrisque de +86%), alors que ce n’était pas le cas des femmes ayant eu une grossesse multiple après une implantation incomplète (+31%).

Ces résultats soutiennent l’hypothèse qu’il existe en fait un lien entre la capacité des femmes à réussir leur implantation et le risque de cancer du sein.

"Ces résultats ne constituent pas pour autant une incitation au dépistage des femmes ayant une grossesse multiple après une FIV", a tempéré Els Groeneveld. "Nous avons besoin de plus d’études pour confirmer ce lien, et l’ampleur du risque reste faible".

En outre, la chercheuse a rappelé qu’il n’est pas évident de savoir si la grossesse multiple est la cause du surrisque de cancer ou si les deux évennements ont une origine commune.

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter