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Les grossesses issues de dons d’ovocytes plus à risque d’hypertension

Les grossesses obtenues après un don d’ovocytes sont associées à un risque accru d’hypertension, selon une étude française présentée mardi au congrès de l’European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE) à Munich.

Ce risque accru avait déjà été suggéré mais par des études de petite taille, sans groupe contrôle approprié, ou n’analysant pas le rôle de certaines variables pouvant interférer comme l’âge maternel, les grossesses multiples ou les antécédents de fertilité, soulignent Hélène Letur-Köenirsch de l’Institut mutualiste Montsouris à Paris et ses collègues dans le résumé de leur communication orale. Ils ont étudié 217 grossesses obtenues après don d’ovocytes dans sept centres français entre janvier 2005 et décembre 2011, qu’ils ont comparées chacune à deux grossesses contrôles obtenues également avec l’assistance médicale à la procréation (AMP) mais sans don d’ovocytes, appariées en fonction de la date de la grossesse, le nombre d’enfants et l’âge de la mère. Le risque d’hypertension induite par la grossesse était significativement augmenté après un don d’ovocytes (17,7% contre 5,3%), la probabilité étant 3,84 fois plus élevée qu’en l’absence de don d’ovocytes. Le risque de pré-éclampsie était également significativement plus élevé (11,2% contre 2,8%). "Cette étude confirme plusieurs autres rapports dans la littérature, avec un échantillon de grande taille et un groupe contrôle apparié", souligne le Dr Letur dans un communiqué de l’ESHRE. "Nous devrions conclure de ces résultats que le don d’ovocytes lui-même est un facteur de risque d’hypertension induite par la grossesse et de pré-éclampsie". La prévalence élevée de l’hypertension induite par la grossesse doit faire prendre conscience aux obstétriciens du risque encouru. "Des mesures et des soins préventifs sont nécessaires", estime le Dr Letur : dépistage des facteurs de risque d’hypertension, traitement précoce si une hypertension gestationnelle est détectée. Cette association pourrait s’expliquer par des modifications de la tolérance immunitaire de l’embryon, dont le génome ne concorde pas du tout avec celui de la receveuse. La pression artérielle pourrait alors s’élever "pour améliorer les échanges materno-foetaux", explique le Dr Letur.

Dernière mise à jour le mardi 18 juillet 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter