Laboratoire
de Biologie Médicale

 

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Mise au point sur le bon usage des fluoroquinolones administrées par voie systémique chez l’adulte (ciprofloxacine, lévofloxacine, moxifloxacine, norfloxacine, ofloxacine, péfloxacine).

MESSAGES CLES Les fluoroquinolones constituent une famille d’antibiotiques dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Cependant, il était nécessaire de considérer leur effet collatéral sur le microbiote intestinal et sur l’évolution des résistances, de même que leur rapport risque/bénéfice en termes de toxicité, pour préserver leur usage dans les indications où elles paraissent essentielles. C’est le but de ce travail collégial, qui a révisé un certain nombre de recommandations françaises pour distinguer sans ambiguïté les situations cliniques ne relevant pas de la prescription de quinolones (infections cutanées et des parties molles, endocardites infectieuses), de celles pour lesquelles leur utilisation demeure recommandée, en première ou en seconde intention.

Les quinolones restent indiquées en première intention :

- dans les infections ostéo-articulaires et les infections du pied diabétique documentées (ces infections difficiles à traiter nécessitant très rapidement une parfaite documentation microbiologique). Leur utilisation en probabiliste doit être limitée au maximum.

- certaines infections urinaires (pyélonéphrite aigue simple, infections urinaires masculines ambulatoires en cas de fièvre et de mauvaise tolérance des signes fonctionnels urinaires),

- dans la légionellose (forme grave et/ou des immunodéprimés), la fièvre Q.
- les infections liées au bioterrorisme (en traitement prophylactique post exposition et en traitement curatif du charbon, de la peste, et de la tularémie).

Pour les autres indications, les fluoroquinolones restent indiquées en seconde ou troisième ligne :

- soit après documentation microbiologique ou en association : urétrites, cervicites dues au gonocoque sensible aux quinolones, salpingites et endométrites (associer impérativement un traitement actif sur N. gonorrhoeae et anaérobies).

- soit en cas d’impossibilité d’utiliser d’autres antibiotiques (allergie vraie aux bêtalactamines contre indiquant leur utilisation) : pneumonies communautaires, pneumonie nosocomiale en absence d’argument pour une BMR, sinusites maxillaire aigue purulente, méningite en cas de suspicion de N. meningitidis, H. influenzae, E. coli et prophylaxie des infections invasives à N. meningitidis, infections intra abdominales, et infections spontanées du liquide d’ascite.

- soit en seconde ou troisième intention (après échec par exemple) :

sinusites maxillaire aigue purulente, pneumonie communautaire, infections urinaires (cystite simple, cystite à risque de complication, infections urinaires masculines).

Aussi, les principales règles d’utilisation des fluoroquinolones méritent d’être rappelées : (i) éviter de prescrire une FQ dans les situations où d’autres antibiotiques peuvent être utilisés ; (ii) ne pas prescrire des FQ de façon répétée chez un même patient, et tenir compte des antécédents de traitement par FQ, avec prise en compte d’une prescription antérieure d’une FQ dans les 6 mois précédents quelle qu’en soit l’indication (facteur important d’isolement de souche résistante) ; (iii) choisir la FQ la plus active sur la bactérie isolée ou présumée responsable de l’infection ; choisir la FQ qui a la pharmacocinétique la plus adéquate au site de l’infection ; (iv) respecter la posologie recommandée de la FQ car elle permet d’obtenir les objectifs Pk/Pd requis.

Tableaux d’utilisation I à XIV et annexes 1 à 3 P44 à 63 du document joint

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter