Laboratoire
de Biologie Médicale

 

Fermer

Nouvelles recommandations européennes pour aider les médecins à manier les nouveaux traitements anti-VHC

L’European Association for the Study of Liver (EASL) a présenté samedi de nouvelles recommandations de prise en charge de l’hépatite C qui intègrent trois nouveaux antiviraux à action directe sur le VHC (AAD) déjà disponibles ou susceptibles de l’être dans les six prochains mois, lors de l’International Liver Congress, qui s’est achevé dimanche.

Ces recommandations sont amenées à être très régulièrement mises à jour, probablement dans six mois pour la prochaine version, puisque d’autres AAD devraient arriver sur le marché, a précisé Markus Peck, secrétaire général de l’EASL.

Ces nouvelles recommandations sont destinées à guider les médecins dans leur prescription de trois nouveaux AAD :

- l’analogue nucléotidique de la polymérase NS5B sofosbuvir (Sovaldi*, Gilead) autorisé en Europe depuis janvier
- l’inhibiteur de protéase siméprévir (Olysio*, Janssen/Medivir), qui devrait arriver sur le marché européen en mai, selon l’EASL
- le daclatasvir (Bristol-Myers Squibb), inhibiteur du complexe de réplication NS5A du virus qui pourrait être autorisé en Europe fin août-début septembre, prévoit la société savante

Les spécialistes de l’EASL estiment que ce sont ensuite la trithérapie d’AbbVie (dasabuvir-ABT-450/r-ombitasvir) et l’association fixe lédipasvir + sofosbuvir (Gilead) qui devraient être disponibles.

Si les recommandations permettent d’aider les médecins à orienter leur choix thérapeutiques, elles visent également à guider les politiques de remboursement à travers l’Europe, a affirmé vendredi Jean-Michel Pawlotsky, de l’hôpital Henri-Mondor à Créteil (AP-HP), directeur du centre national de référence des hépatites virales B, C et delta, qui a piloté la rédaction du document pour l’EASL.

Le secrétaire général de l’EASL a indiqué que ces recommandations intègrent les options thérapeutiques basées sur les molécules plus anciennes, notamment l’interféron pégylé et la ribavirine, pour ne pas exclure les Etats qui n’ont pas accès aux nouveaux traitements, dont le prix très élevé suscite une vaste polémique.

Le but d’un traitement anti-VHC est d’éradiquer l’infection virale pour prévenir les complications hépatiques (cirrhose, carcinome hépato-cellulaire) et les décès, en obtenant une charge virale indétectable 12 semaines après la fin du traitement (SVR12) chez les patients. Les études à long terme, qui suivent les patients depuis 20-30 ans, indiquent que les SVR12 et SVR24 se traduisent en guérison définitive dans 99% des cas.

L’EASL considère qu’un traitement devrait être envisagé chez tous les patients présentant une maladie hépatique décompensée, être dispensé en priorité en présence d’une fibrose sévère ou d’une cirrhose. Ces spécialistes estiment le traitement "justifié" si la fibrose est modérée.

Pour les patients souffrant d’une cirrhose décompensée et ceux en attente de greffe, l’EASL préconise un traitement à base d’AAD, sans interféron et "idéalement sans ribavirine".

L’arrivée des nouveaux AAD change la stratégie thérapeutique pour les patients co-infectés par le VIH pour lesquels les options sont désormais identiques au mono-infectés.

Etant donné que les options thérapeutiques proposées dépendent du génotype du VHC, l’EASL recommande un génotypage avant d’initier tout traitement.

Pour les patients infectés par un virus de génotype 1, le plus prévalent en Europe, six thérapeutiques, prescrites entre 12 et 24 semaines, sont possibles : des trithérapies associant la bithérapie pégylée à l’un des trois nouveaux AAD, le sofosbuvir combiné au siméprévir ou au daclatasvir avec ou sans ribavirine, et enfin sofosbuvir-ribavirine, lorsque les autres options ne sont pas possibles.

Les trithérapies à base d’inhibiteurs de protéase du VHC de première génération, télaprévir (Incivo*, Vertex/J&J) et bocéprévir (Victrelis*, Merck & Co), sont considérées comme des dernières lignes, note-t-on.

Pour les patients infectés par un virus de génotype 4, dont la prévalence progresse chez les utilisateurs de drogues injectables en Europe, peu de données sont disponibles avec les nouveaux AAD, a pointé le Pr Pawlotsky. L’EASL conseille les mêmes options que pour les génotypes 1.

Contre les virus du génotype 3, courant chez les utilisateurs de drogue injectables, l’EASL préconise trois options thérapeutiques : interféron pégylé + ribavirine + sofosbuvir, sofosbuvir + daclatasvir avec ou sans ribavirine et sofosbuvir + ribavirine (à éviter chez les cirrhotiques).

Un traitement anti-VHC ne devrait pas être refusé aux utilisateurs de drogues injectables et la substitution aux opiacée ne constitue pas une contre-indication, précise l’EASL.

EASL : recommandations de prise en charge de l’hépatite C

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter