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Plan cancer 3 : dépistage systématique et couverture vaccinale anti-HPV étendue pour lutter contre le cancer du col de l’utérus

Le Plan cancer 3 prévoit de généraliser le dépistage systématique du cancer du col de l’utérus et d’étendre la vaccination contre le papillomavirus, a annoncé le président de la République, François Hollande, mardi lors du colloque annuel de l’Institut national du cancer (Inca) à Paris.

Ce Plan cancer 2014-19, placé sous le signe de la réduction des inégalités, a pour priorité la prévention, notamment par la réduction du tabagisme et le dépistage.

"Le cancer du col de l’utérus fera également l’objet d’un dépistage systématique", a indiqué le chef de l’Etat, rappelant qu’il "atteint aujourd’hui 3.000 femmes et provoque plus de 1.000 décès chaque année".

"Dès lors, la généralisation du frottis tous les trois ans pour 80% des femmes contre 60% aujourd’hui réduira la mortalité de 30% en 10 ans". La réalisation d’un frottis du col de l’utérus est recommandée chez les femmes asymptomatiques de 25 à 65 ans.

Cette généralisation suppose plusieurs actions détaillées dans le document de 150 pages rassemblant les mesures du plan, et en premier lieu de définir un cahier des charges, en ciblant en particulier les femmes qui ne se font pas dépister et les populations les plus vulnérables.

Le déploiement du dispositif, son suivi et son évaluation doivent conforter le rôle du médecin généraliste et s’appuyer sur les structures de gestion du programme de dépistage des cancers.

Le plan demande aussi de "garantir aux personnes concernées une prise en charge totale des actes de dépistage" ainsi qu’une dispense d’avance de frais dans le cadre de la mise en place de contrats solidaires et responsables.

Il s’agit aussi d’assurer, sous la responsabilité des agences régionales de santé (ARS), la diversification des effecteurs et lieux de réalisation des frottis cervicaux utérins, et impliquer l’ensemble des professionnels et collectivités concernés dans le programme de dépistage afin de faire face aux évolutions démographiques (généralistes, gynécologues, sages-femmes, pathologistes, biologistes).

La place de l’auto-prélèvement pour les femmes qui ne font pas de frottis doit être déterminée dans le dispositif.

DOUBLER LA COUVERTURE VACCINALE D’ICI 2019

Dans son discours, François Hollande a relevé que le cancer du col de l’utérus est "le seul cancer pour lequel il existe un vaccin". "Pourtant en France, il n’est administré qu’à 30% des jeunes filles", a-t-il déploré, voyant-là "une source nouvelle d’inégalité".

"Aussi, d’ici cinq ans, nous doublerons la couverture vaccinale contre le cancer du col ce qui permettra son éradication à terme".

Dans le document détaillant le plan, il est rappelé que deux vaccins sont disponibles en France (Cervarix* de GlaxoSmithKline et Gardasil* de Sanofi-Pasteur-MSD) depuis 2006 mais que la vaccination se heurte à plusieurs freins, comme le coût "avec un reste à charge d’environ 120 euros, hors coût des consultations médicales associées".

Le plan prévoit d’introduire un indicateur de progrès de la vaccination anti-HPV dans les rémunérations sur objectifs de santé publique des médecins traitants, en complément de l’indicateur existant pour le frottis du col de l’utérus.

Les structures de vaccination doivent être diversifiées et les infirmiers diplômés d’Etat seront autorisés à administrer ces vaccins.

Concernant les craintes des effets secondaires des vaccins, il est écrit que leur sûreté et leur efficacité "font pourtant l’objet d’une vigilance soutenue de la part des autorités de santé". Une plainte a été déposée contre Sanofi Pasteur-MSD pour des complications constatées après vaccination par Gardasil*.

Dans son discours, le chef de l’Etat a dit "connaî[tre] les réserves que suscitent des campagnes mal conçues de vaccination". "Mais quand même, le vaccin a fait la preuve de son efficacité !"

Pour tenter de lever ce frein, le plan souhaite des études sur l’acceptabilité de la vaccination en milieu scolaire pour les jeunes filles de 11 à 14 ans et une plus grande communication vers les jeunes filles et les parents sur l’enjeu de la vaccination et son rapport bénéfices/risques.

Enfin, concernant le cancer du col de l’utérus, le plan pointe "une actualisation des conduites à tenir devant un frottis anormal pour garantir des prises en charge adaptées". Il s’agit en particulier d’"éviter les conisations en excès et minimiser le surtraitement".

Une évaluation de la stratégie intégrée de dépistage et de vaccination, notamment sur le plan médico-économique, est également nécessaire.

Plan cancer 2014-19

Dernière mise à jour le mardi 18 juillet 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter