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Un rapport d’experts préconise d’élargir le dépistage des hépatites B et C à tous les hommes entre 18 et 60 ans

Le premier rapport sur la prise en charge des hépatites B et C en France, présenté lundi à la presse, préconise d’élargir le dépistage de ces deux infections à tous les hommes entre 18 et 64 ans.

Le rapport de recommandations 2014 sur la prise en charge des personnes infectées par les virus de l’hépatite B (VHB) ou de l’hépatite C (VHC), comparable dans son processus de réalisation aux rapport d’experts sur le VIH régulièrement édité, a été confié à l’Association française pour l’étude du foie (Afef) et à l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) par la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine.

Piloté par le Pr Daniel Dhumeaux du CHU Henri Mondor à Créteil, l’ouvrage de plus de 500 pages porte sur la prévention, le dépistage et la prise en charge.

En France, on estime que la moitié des 300.000 personnes infectées par le virus de l’hépatite B et 60% des 200.000 personnes porteuses du VHB ignorent leur statut virologique. Etant donné les progrès considérables des traitements, qui guérissent plus de 80% des patients, "il faut largement augmenter le dépistage, sinon c’est une perte de chance pour les patients", a affirmé le Pr Dhumeaux.

Les experts réunis recommandent de poursuivre le dépistage ciblé en fonction des facteurs de risque actuellement en vigueur et de l’élargir aux hommes âgés de 18 à 60 ans et aux femmes enceintes dès la première consultation prénatale. Ils préconisent d’associer dans tous les cas la recherche des trois virus VHB, VHC et VIH, "compte-tenu des similitudes épidémiologiques et de la possibilité et de l’intérêt des tests groupés", précise le texte.

Pour expliquer le dépistage systématique des hommes, le Pr Dhumeaux a précisé que la prévalence de l’hépatite B était quatre à cinq fois plus importante chez les hommes, chez lesquels le virus se maintient plus facilement. Il s’agit de proposer à chaque homme, "au moins une fois dans sa vie", un dépistage du VIH, du VHB et du VHC.

Le dépistage des trois virus chez les femmes enceintes dès la première consultation prénatale vise à limiter le risque de transmission mère-enfant. Cette recommandation revient à avancer le dépistage de l’hépatite B pour pouvoir introduire un traitement le plus précocement possible et à ajouter le dépistage de l’hépatite C afin d’éviter certains gestes invasifs lors de l’accouchement. Pour l’instant les traitements de l’hépatite C n’ont pas été évalués chez la femme enceinte, a rappelé le coordonateur du rapport.

Les experts préconisent d’associer les trois marqueurs -antigène HBs, anticorps anti-HBS, et anticorps anti-HBc- pour le dépistage du VHB dans la nomenclature des actes de biologie médicale et de rembourser intégralement ce test.

Outre cet élargissement du dépistage, le rapport prône la poursuite du dépistage ciblé, mais afin de faciliter le travail des médecins, le nombre de facteurs de risque devant inciter au dépistage passe d’une vingtaine à cinq : une transfusion ou un acte invasif avant 1992, un séjour prolongé dans les pays de forte endémicité, les tatouages et les piercings.

Questionné par l’APM sur la mise en oeuvre de cette recommandation par les médecins généralistes, Pierre Czernichow du CHU de Rouen, membre du comité de validation et de synthèse, a expliqué que le dépistage de ces infections pouvait être intégré à la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) des médecins.

DEPLOYER LES TROD DU VHC ET DU VHB

En parallèle des sérologies classiques, le rapport souligne l’intérêt du déploiement des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) du VHC et du VHB auprès des populations qui ne fréquentent pas les structures médicales classiques.

Marisol Touraine, à l’occasion de la présentation du rapport d’experts, a indiqué qu’elle souhaitait "développer l’usage des tests rapides hépatites, en combinaison avec ceux qui existent déjà pour le VIH".

Une étude menée par le Centre national de référence des hépatites B, C et D, présentée en novembre 2013 au congrès de l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD) montrait que le test OraQuick HCV* est plus performant que ses concurrents, Toyo anti-HCV* et Labmen HCV*.

A ce jour, trois Trod disposent d’un marquage CE pour la détection de l’antigène HBs : VikiaHBsAg* (Biomérieux), DRW-HBSAg v2.assay* (Diagnostics for the real World) et Toyo HBsA1G test* (Türklab).

Les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) sur l’utilisation des Trod du VHC ont été validées la semaine dernière, a annoncé le Pr Dhumeaux.

Recommandations 2014 sur la prise en charge des personnes infectées par les virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C

Dernière mise à jour le mercredi 21 juin 2017 | Plan du site | Mentions légales | Se connecter